Femmes pour la Paix – Mise à jour: mars-avril 2016

Cette mise à jour commence par le résumé de l’une de nos activités qui a eu lieu le 21 mars dernier. Je l’ai choisi afin de vous donner une idée de la créativité et de l’espérance que notre mouvement réussit à éveiller chez bon nombre d’entre nous, ainsi que des défis auxquels nous sommes confrontés en tant que mouvement véritablement inclusif et diversifié.

Les autres sections ci-dessous sont destinées à mettre en évidence une partie, mais certainement pas la seule, d’un bon nombre de résultats positifs réalisés par le mouvement WWP qui s’étend encore et toujours plus.

Pour plus d’informations je vous invite à visiter notre page Facebook surtout et bien parce que notre site Web est en pleine re-construction

https://www.facebook.com/womenwagepeaceenglish/?fref=nf

Le rassemblement à Tel Hai

 Chaque année, trois jours avant la fête de Pourim, de hauts responsables israéliens se rendent à Tel-Hai situé à l’extrême nord du pays et désormais faisant partie des kibboutzim de Galilée. Ils viennent y déposer une couronne de fleurs au pied du monument du “Lion Rugissant” dédié à la mémoire de Joseph Trumpeldor et de sept autres héros (les huit sont également commémorés à proximité dans la ville de Kiryat Shmoneh ou Ville des Huit) et rappellent rituellement la légende de Trumpeldor ainsi que ses derniers mots «il est bon de mourir pour notre pays». Les membres WWP de la région de Tel Hai reconnaissent  la nécessité de concevoir différemment la célébration du 11 Adar afin de déplacer – avec insistance, mais non sans un grand respect – l’accent habituellement mis par la cérémonie officielle. Le monument du “Lion Rugissant” fait écho dans le “lion” motif de notre bannière, ainsi que  la célèbre phrase “il est bon de mourir pour notre pays” dans notre logo  “Il est bon de vivre pour notre pays” – En hébreu: “tov l’ Hiot b’ad arzenu” (voir photo ci-dessous).

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Voici quelques extraits de notre invitation à nous rejoindre après la cérémonie officielle :

 Nous, les femmes œuvrant pour la paix, désirant la vie, cherchant une solution au conflit et un avenir meilleur pour nous et pour les générations à venir, nous nous rendons à Tel-Hai, site qui symbolise la lutte et le prix à payer pour la Terre d’Israël.

… Nous insistons sur le fait d’être «pour» plutôt que  «contre», nous mettons l’accent sur la vie et sur la nécessité d’une terre partagée par nous tous, une terre riche de récits, de monuments, de tombes, de vie. …

Suite à la cérémonie à Tel Hai, WWP a offert sous notre tente de voyage à Kiryat Shmoneh l’occasion de dialoguer puis a continué sur un panel intitulé «Commençant à Tel-Hai [colline de la vie] et toujours «Hai» [en vie]: la place de la femme dans la Légende de Tel Hai, dans le sacrifice, le deuil, et le prix de la guerre.

 

                              Our dialog tent in Kiryay Shmoneh

Our dialog tent in Kiryay Shmoneh

L’organisatrice de l’événement WWP a récité un poème de Yehuda Amichai exprimant ainsi son aspiration à vouloir créer une nouvelle approche encourageant tous les Israéliens à envisager différemment les sacrifices de Tel Hai. Le poème d’Amichai, qui se trouve dans son intégralité à la fin de cette mise à jour, commence par la phrase en hébreu qu’on a coutume de prononcer à la mort d’une personne: Puisse-t-il/elle reposer en paix.

Je – puisse-t-il reposer en paix – Je, qui suis encore vivant, dis,

Puis-je avoir la paix pour le restant de ma vie                                                      Je veux la paix maintenant alors que je suis encore vivant.

Nous espérons nous servir de la phrase “Il est bon de vivre pour notre pays” toute l’année durant et présenter à Tel Hai un programme similaire l’année prochaine. Nous comprenons qu’en ce moment un changement d’orientation vers vivre pour notre pays est grandement nécessaire, afin d’embrasser à la fois la diversité de la population d’Israël, ainsi que le devoir de construire une société florissante dans le partage, capable de vivre dans la paix et la véritable sécurité avec ses voisins.

Mise à jour sur la projection du film “Pray the Devil …” et sur notre rayonnement en plein essor. De très jeunes femmes se joignent aussi à nous”.

Nous avons déjà réussi à dépassé les 100-projections-de-part-le-pays il y a quelques semaines. Plus de 5000 femmes et hommes ont vu notre version spécialement sous-titrée en hébreu, en arabe, et maintenant en russe, du documentaire retraçant la montée et le succès ultime du mouvement de la paix des femmes libériennes.

Voici quatre des nombreux exemples de réussite de nos travaux sur le terrain:

 *A Ramle lors d’une réunion-dialogue avec des femmes arabes, il y eut une discussion fascinante et sincère sur la situation difficile de notre pays et du Moyen-Orient en général, ainsi que sur les objectifs communs et les moyens efficaces avec lesquels nous pouvons changer ensemble la réalité ici, en particulier à cause de nos préoccupations communes pour nos enfants et notre pays. Toutes les femmes qui ont participé à cette réunion ont adhéré au mouvement!

Parallèlement,  le film a été projeté devant 100 femmes résidentes de deux villes du nord (arabe et juive). Ce fut une rencontre chaleureuse qui a redonné élan à un nouvel espoir. Là aussi, beaucoup de femmes ont joint le mouvement.

הקרנה דלית אל כרמל

* Pray the Devil …” a également été projeté fin mars dans le village bédouin de Lakia, situé au nord du Negev, à l’intérieur d’une tente servant habituellement de  centre de visite à but non lucratif pour des femmes bédouines exposant leurs Broderies du Désert.

*Un nombre croissant de professeurs et d’étudiants des universités et collèges israéliens ont vu le film et ont entendu les discours des membres WWP. Un de ces rassemblements a été reporté dans le bulletin hebdomadaire de l’Université de Ben Gourion, décrivant la réaction d’un étudiant face à la présence de Yahaloma Zahut, activiste du mouvement WWP et officier en retraite de l’Armée de l’Air Israélienne, qui  est parvenue à réunir la communauté diversifiée d’Ofakim, ville du Néguev occidental, dans un effort commun promouvant l’endurance.

Un étudiant du département d’Etudes Africaines [à l’Université Ben Gourion] embrassa Yahaloma à la fin de la soirée et dit: “Je suis profondément touché que Yahaloma et les femmes d’Ofakim agissent à partir de leur intuition profonde pour apporter des changements. Je travaille avec des familles érythréennes dans des circonstances difficiles; beaucoup ont renoncé parce que leur vie est si pénible. J’admire vraiment de voir des résidents locaux prenant les choses en mains”. L’étudiant était surpris que Yahaloma s’identifie avec un mouvement  pacifiste, alors que la plupart des habitants d’Ofakim ne sont pas intéressés par le dialogue. Mais Yahaloma ne se laisse pas happer par cet état d’esprit. Elle est active au mouvement WWP afin de changer sa propre réalité, pour rendre la vie meilleure pour elle et sa famille.”

 Peace is Loud. Lire et commenter sur notre blog d’invités  

Nous étions honorés d’avoir été invité par Abigail Disney, activiste, philanthrope et productrice de “Pray the Devil Back to Hell”, pour partager notre histoire. La mission “Peace is Loud” est de «créer une vague immense de gens déterminés à construire une culture de la paix. “Peace is Loud” inspire l’action à travers les médias et des événements en direct mettant en lumière des femmes dirigeantes en première ligne pour la consolidation de la paix dans le monde. Lisez sur le site “Peace is Loud”, et commentez s’il vous plait:

http://www.peaceisloud.org/blog/thousands-of-israeli-women-are-sayingenough-demanding-a-peaceful-resolution-to-the-conflict

 La Marche de l’Espoir

 En ce moment notre équipe des Projets Spéciaux examine la possibilité d’organiser un événement conçu pour inclure plusieurs éléments internationaux. Elle étudie  la faisabilité de réunir à Jérusalem des gens venant des “quatre coins du pays”. En plus d’une cérémonie mettant en vedette des femmes connues de part le monde pour leur activisme, il y aurait l’occasion de rencontrer des membres de la Knesset et d’entreprendre devant la résidence du Premier Ministre une veillée formelle, dont la relève se ferait par rotation, jusqu’à ce qu’un accord soit signé. Notre équipe planifie également la possibilité d’envoyer dès la fin de la Marche des délégations dans les pays voisins du bassin méditerranéen. D’ici la mi-mai nous espérons partager avec vous les résultats de notre étude de faisabilité de notre projet. En attendant, nous allons examiner attentivement la logistique et  le financement nécessaire afin que cet événement ait  le plus grand impact.

Pour favoriser la participation des femmes palestiniennes dans la Marche de l’Espoir, une douzaine d’entre nous a rencontré lors de la Journée Internationale de la Femme plusieurs de nos homologues palestiniennes afin de rédiger un appel commun pour le financement, d’identifier les donateurs potentiels où qu’ils soient, et d’envisager le meilleur endroit pour organiser un aussi grand rassemblement. Lors de notre réunion dans une partie de la zone C le long de la rive nord de la Mer Morte, actuellement accessibles aux deux groupes de femmes, nous avons réaffirmé nos objectifs :

1)    S’assurer du soutien public pour un accord de paix avec un délai réaliste pour les négociations

2)    Reconnaitre la douleur et la souffrance des femmes et des enfants dans ce conflit

3)    Créer des occasions de rencontres qui favoriseront l’instauration de la paix et de la dignité et offrir aux jeunes à risque de radicalisation des voies alternatives

4)    S’assurer de la pleine intégration des femmes dans tous les aspects de la négociation pour l’équilibre et pour l’inclusion de nos priorités

La journée Internationale de la femme était bien occupée par WWP

En plus de notre rassemblement du huit mars à la Mer Morte avec les femmes palestiniennes œuvrant elles aussi pour une résolution pacifique et rapide du conflit (voir Marche de l’Espoir ci-dessus), nous nous sommes engagées dans de nombreux autres événements à travers le pays, comme ceux ci-dessous:

  • une délégation WWP s’est rendue à la Knesset et a participé à une session extraordinaire de la Commission de la Condition de la Femme et de l’Egalité des Sexes
  • Anat Saragusti, membre du WWP et journaliste bien connu, a reçu un prix pour ses nombreuses contributions à une innovation social pour une société plus équitable
  • Les membres du WWP ont établi des postes à Haïfa, à Korazim (situé sur la rive nord de Kinneret / mer de Galilée), à Jérusalem et à Beer Sheva pour familiariser les passants avec notre mouvement
  • Un rassemblement a eu lieu à Ramle pour les femmes arabes (voir la mise à jour sur “Pray the Devil Back to Hell” ci-dessus)
  • Un dialogue encourageant a eu lieu à Airport City où les membres WWP ont été accueillis par le groupe ‘Femmes Plus de Cinquante Ans’
  • En l’honneur de la Journée Internationale de la femme, WWP a participé à une exposition de 15 organisations sur le campus de l’Université de Tel-Aviv, et a réussi à inscrire un bon nombre de nouveaux adhérents malgré une très courte fenêtre d’opportunité
  • A la Ferme-de-Paix de Baqa al-Gharbiya WWP a également participé à un festival en l’honneur des femmes arabes et juives, motivé par l’idée que nous avons bien plus en commun que nous le pensons.

Shishalom, une occasion pour apprendre.

L’une des nombreuses activités du mouvement WWP est de se réunir les vendredis (y’mei- shishi en hébreu, d’où le nom de “shish-shalom“) pour une série de conférences portant sur l’étude des conflits et la recherche en cours sur leur résolution, ce qui contribue à changer notre triste réalité faite de conflits. En février dernier le professeur Daniel Bartal de l’Université de Tel Aviv argumenta que le conflit israélo-palestinien correspondait bien à la définition de «conflit incontrôlable» étant donné qu’il dure au moins 25 ans – donc une génération. Il a également démontré que, souvent, ceux qui sont impliqués dans un conflit aussi long et violent ne sont pas conscients de l’ampleur des difficultés qu’ils éprouvent en raison de la banalisation d’une ‘culture de conflit’  et de la banalisation du stress qu’il engendre. Il a en outre noté que nos dirigeants essaient souvent de nous persuader que notre situation est unique et que tous les autres conflits n’ont rien à nous apprendre. La recherche académique prouve le contraire: le conflit est résoluble. (Pour les recommandations du Pr. Bartal veuillez consulter le bulletin d’information WWP du mois de février 2016 dont nous avons extrait l’aperçu ci-dessus).

Nouveau coordinateur pour l’équipe WWP responsable des relations avec le gouvernement

Saviona Rot-Levy, juge à la retraite, a accepté de coordonner cette mission importante. Pour une brève biographie du juge Rot-Levy, voir la section encyclopédique des Archives des Femmes Juives :

http://jwa.org/encyclopedia/article/rotlevy-saviona

Dans notre ascension continue nous serions ravis d’écouter vos questions et de connaitre vos réactions à nos derniers projets ainsi que vos suggestions de collaboration. En vingt mois, nous sommes déjà devenus le plus grand mouvement populaire en Israël dédié à une résolution pacifique du conflit israélo-palestinien.

Pour plus d’ informations, veuillez contacter:

Marie-Lyne Smadja 

Je, puis-je reposer en paix

Je, puisse-t-il reposer en paix – Je, qui suis encore vivant, dis,

Puis-je avoir la paix pour le restant de ma vie.

Je veux la paix maintenant alors que je suis encore vivant.

Je ne veux pas attendre comme cet homme pieux*

Qui pria pour un pied de la chaise d’or du Paradis

Je veux une chaise sur quatre pieds ici-même,

Une chaise en bois plein. Je veux le restant de ma paix tout de suite.

J’ai vécu ma vie dans des guerres de toutes sortes:

Batailles en-dehors et en-dedans, le combat à main nues, face-à -face, Les visages, toujours,

Le mien, le visage de mon amant, le visage de mon ennemi.

Guerres avec de vieilles armes – bâtons et pierres, hache émoussée, mots,

Couteau usé mais tranchants, amour et haine,

Et guerres avec des armes sophistiquées  – mitrailleuse, missile, mots,

Mines terrestres explosant, amour et haine.

Je ne veux pas accomplir la prophétie de mes parents que la vie est la guerre.

Je veux la paix de tout mon corps et de toute mon âme.     Reposez-moi en paix.

Extrait de : Ouvert Fermé Ouvert par Yehuda Amichai © 2000 par Chana Bloch et Chana Kronfeld

* L’«homme pieux» dans la première strophe réfère à un conte juif d’un homme qui croit que dans le monde de l’au-delà, il serait assis sur une chaise d’or. Son souhait pour avoir un pied de la chaise dans ce monde-ci, afin de joindre les deux bouts, lui a été accordé. Sa femme cependant s’inquiète par la suite que son mari vacillera pour l’éternité sur une chaise à trois pieds dans le monde de l’au-delà.

Traduction: Alit Ezra